Vieillissement, activités et territoires à l'horizon 2030 (2006)

DIACT, CAE, GODET Michel, MOUSLY Marc

La documentation française

2006. 296 p.

17 €

Une vaste étude portant sur les conséquences du vieillissement sur l´évolution des activités de production, de commerce et de services dans les territoires a été lancée en 2004 dans le cadre du programme « Territoires 2030 » de la Délégation interministérielle à l´aménagement et à la compétitivité des territoires (DIACT). Ce rapport discuté en séance plénière du Conseil d´analyse économique le 27 avril 2006, puis le 8 juin en présence du Premier ministre, en retrace les analyses et les conclusions. Il est le fruit d´un travail collectif de deux ans mené par le groupe de prospective présidé par Michel Godet, membre du CAE. Il est publié conjointement par la DIACT et le CAE à la documentation française. 

Le vieillissement est souvent considéré sous l´angle des finances publiques et de la croissance alors qu´il a des conséquences sur tous les aspects de la vie économique et sociale. Remettre au travail les plus de 55 ans, répondre aux nouveaux besoins de main d´œuvre, en particulier dans le secteur des services à la personne, prendre en charge la dépendance, assurer la relève des PME familiales, adapter l´urbanisme et le logement aux personnes âgées, éviter les conflits de générations, font partie des nouveaux défis qui nous attendent. Le rapport développe tous ces points et propose des pistes d´actions. Il conclut sur la nécessité de développer des pôles de qualité de vie au niveau des territoires.







Les deux messages essentiels du rapport

Dans l’économie présentielle, la production est territorialisée et donc non délocalisable.

L’économie présentielle est une nouvelle approche de l’économie territoriale, développée notamment par Laurent Davezies et Christophe Terrier. Elle part du constat empirique que la présence sur un territoire de résidents permanents ou temporaires induit des consommations de produits et de services et constitue, pour les territoires attractifs, une part importante, voire prédominante, de leur activité économique. Cette économie est fondée sur la production territorialisée destinée à satisfaire la consommation des résidents et des touristes présents. Alors que la création de PIB tend à se concentrer dans les régions les plus développées, la péréquation du revenu des habitants se poursuit.

On voit donc certaines forces, centripètes, concentrer la production, alors que dans le même temps d’autres forces, centrifuges, continuent à répartir les revenus de la consommation dans l’espace. Ce phénomène est renforcé par le vieillissement de la population.

Renforcer les pôles de compétitivité par des pôles de qualité de vie et de services

Les retraités aisés ne vont pas s’installer dans les régions de vieilles industries. Et les nouveaux entrepreneurs ont tendance à s’implanter dans les zones que le climat, l’environnement naturel et la richesse des équipements collectifs rendent attractifs pour leur famille et leurs cadres. Ces critères sont plus importants pour eux que les aides aux entreprises.

Dans certains départements touristiques du Sud de la France les revenus des retraités comptent pour 30% du revenu disponible sur le territoire, ceux des fonctionnaires pour 30%, tandis que les revenus issus de l’activité productive marchande se répartissent pour moitié entre production destinée à la consommation locale et production exportée hors du territoire. C’est dire que les débats nationaux sur les pôles de compétitivité à visée exportatrice et sur l’attractivité pour la production ne doivent pas occulter ceux qu’il faudrait avoir sur les pôles de qualité de vie résidentielle et sur l’attractivité internationale de la France. Il est possible de développer l’activité et l’emploi dans une région ne brillant pas par ses performances industrielles. Il faut pour cela inciter les détenteurs de revenus venant d’ailleurs à y vivre et à y consommer. La région la plus attractive de France, si l’on en croit les soldes migratoires, est le Languedoc-Roussillon, que son PIB par tête classe en 21e position, c’est-à-dire à la dernière place des régions de la France continentale.

 

Quelques faits surprenants sur les vieillissements, les activités et les territoires

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