La Datar organisait le 13 décembre 2011, le quatrième et dernier séminaire de restitution des travaux de la phase à caractère scientifique de son programme de prospective Territoires 2040 sur le thème : « Quand les flux organisent les territoires ».
Au centre des débats figuraient les travaux sur la mobilité et les échanges, réalisés sous la direction de Nadine Cattan et intitulés : « Les portes d’entrée de la France et les systèmes territoriaux des flux ». La géographe a présenté le mode d’élaboration et les contenus des quatre scénarios proposés à l’horizon 2040 (lire l’article).
Chacun d’entre eux met l’accent sur des aspects contrastés d’évolution de la société. Ils envisagent plus ou moins de mobilité physique, d’intégration politique, de dépenses publiques et de durabilité en 2040.
- Le scénario « polarisé » est caractérisé par une mobilité généralisée et une consommation énergétique forte liée aux transports. Ce système est organisé autour d’un nombre restreint de métropoles fortement connectées entre elles. Seules, une quarantaine de portes d’entrée globales domine le système de villes européennes.
- Le scénario « dilué » est celui du village numérique planétaire. Il repose sur la dématérialisation de l’essentiel des formes de l’échange, réduisant fortement les déplacements mais engendrant des dépenses énergétiques non négligeables liées aux communications à distance. Diffusion des activités et de l’habitat, individualisation, développement des initiatives privées au détriment d’un mode de régulation institutionnel, sont quelques-unes des caractéristiques de ce scénario.
- Le scénario « archipellisé », sur le modèle des cités marchandes, privilégie une circulation contrôlée : la mobilité des individus est limitée tandis que les échanges de marchandises décuplent. Quelques grands nœuds autonomes et concurrentiels dominent un espace mondial fortement hiérarchisé. Cette hyperconcentration limite l’impact environnemental d’un système socialement très inégalitaire.
- Le scénario « fluidifié » repose sur l’hypermobilité individuelle. La nomadisation transforme les modes de vie. La société se déploie selon des logiques de réseau. Pour se maintenir, ce système exige le développement de l’innovation et de la créativité. Dans ce scénario, les flux sont devenus habitables.
Ce séminaire marquait l’achèvement des restitutions de la première phase des travaux de « Territoires 2040 ». Comme l’a indiqué en conclusion, Stéphane Cordobes, conseiller à la Datar, responsable de la prospective et des études, une deuxième phase de réflexion est d'ores et déjà engagée et aboutira au printemps 2012 à l'explicitation des enjeux que les futures politiques d'aménagement du territoire pourraient devoir relever. Entre temps, une manifestation publique aura lieu en mars 2012 au Cese, organisée par Acteurs publics, qui mettra en scène les analyses et scénarisations prospectives des espaces français déjà produites par la Datar et leur rapport au développement durable.