La qualité des prestations en ingénierie territoriale : pour un état des lieux des enjeux (2007)

L’enquête réalisée par RCT a permis d’identifier de grandes lignes de consensus entre les acteurs de l’ingénierie territoriale, qui expriment des attentes globalement similaires (qualification, reconnaissance et financements pérennes, clarification des rôles, décloisonnement, partage et échanges). Néanmoins, des lignes de fracture sous-jacentes apparaissent :

  • entre les prescripteurs et les prestataires, surtout lorsqu’il s’agit des difficultés inhérentes au recours à l’ingénierie externe (chacun ayant tendance à davantage pointer du doigt les défaillances du cocontractant)
  • entre acteurs publics et acteurs privés, en ce qui concerne les partenariats pratiqués mais aussi les savoirfaire : les acteurs publics sont perçus comme ayant une pratique de l’ensemble de la palette des savoirfaire, alors que les autres acteurs apparaissent comme plus « spécialisés »
  • au sein des acteurs publics, entre acteurs des territoires et acteurs hors des territoires, ces derniers étant moins bien perçus et déclarant des taux de pratique des différents savoir-faire listés beaucoup plus faibles que les acteurs des territoires.

Le recoupement et la mise en parallèle des différentes réponses ont également permis de brosser un paysage de l’ingénierie territoriale. Dans ce tableau, les acteurs des territoires, qui semblent avoir une position centrale, se distinguent nettement des autres, en terme de maîtrise et de qualité des savoir-faire notamment.

Autour d’eux gravitent les consultants, qui sont considérés comme incontournables sur certains savoir-faire (la communication, l’animation, la prospective et l’évaluation surtout, mais aussi l’analyse et la stratégie territoriale) mais qui sont aussi parmi les acteurs sur lesquels les avis sont les plus divisés : les prescripteurs mettent souvent en avant l’inégale qualité de leurs prestations.

L « autre ingénierie publique », dont la contribution globale est souvent perçue de manière négative par les autres acteurs, est paradoxalement souvent citée comme le deuxième acteur maîtrisant le mieux de nombreux savoirfaire, qu’elle-même déclare par ailleurs pratiquer assez peu. Peut-être faut-il voir dans cet écart un niveau d’exigence plus élevé des acteurs de l’ingénierie hors des territoires, tant à l’égard de leur contribution qu’à l’égard de celle des autres.

Enfin, certains acteurs semblent occuper une place relativement périphérique dans le paysage actuel : les centres de ressources1 paraissent souffrir d’un manque de visibilité, alors qu’ils ont par ailleurs des ressources qui font souvent défaut aux autres acteurs : connaissance des expériences de développement territorial extérieures, capacités de capitalisation. Les enseignants-chercheurs sont les acteurs les plus mal perçus, exception faite de leur contribution en terme d’innovation et de transfert.

Plus isolés que les acteurs publics, dans la mesure où ils pratiquent moins les partenariats, les consultants et les centres de ressources sont les acteurs qui semblent le plus rechercher les ouvertures et se déclarent le plus favorables aux échanges, que ce soit par la participation aux assises nationales ou à un réseau multi acteurs, ou par le développement de partenariats.

Les partenariats, que la plupart des interrogés appellent par ailleurs de leurs voeux, tant dans les questions ouvertes sur leurs attentes que dans les questions sur les moyens d’améliorer le système d’acteurs, ne répondent pas toujours à la règle de réciprocité sans laquelle leur mise en oeuvre effective s’avère difficile.

Le cas particulièrement emblématique des consultants, qui déclarent vouloir développer les partenariats avec l’ensemble des acteurs, mais qui en retour sont faiblement mentionnés comme partenaires potentiels par ces mêmes acteurs est à cet égard révélateur. Se dégage ainsi l’image d’une communauté d’acteurs de l’ingénierie territoriale très « engagée » sur le fond, maîtrisant une large palette de savoir-faire en perpétuel enrichissement, généralement consciente de ses lacunes et surtout de ses cloisonnements, inconsciente sans doutes du fait que ceux-ci restent à l’origine d’un regard souvent sévère porté sur les « autres ».

 

Enquête nationale sur l’ingénierie territoriale
Ce document est accompagné d´une revue documentaire et d´un résumé

L’enquête réalisée par RCT a permis d’identifier de grandes lignes de consensus entre les acteurs de l’ingénierie territoriale, qui expriment des attentes globalement similaires (qualification, reconnaissance et financements pérennes, clarification des rôles, décloisonnement, partage et échanges). Néanmoins, des lignes de fracture sous-jacentes apparaissent :

  • entre les prescripteurs et les prestataires, surtout lorsqu’il s’agit des difficultés inhérentes au recours à l’ingénierie externe (chacun ayant tendance à davantage pointer du doigt les défaillances du cocontractant)
  • entre acteurs publics et acteurs privés, en ce qui concerne les partenariats pratiqués mais aussi les savoirfaire : les acteurs publics sont perçus comme ayant une pratique de l’ensemble de la palette des savoirfaire, alors que les autres acteurs apparaissent comme plus « spécialisés »
  • au sein des acteurs publics, entre acteurs des territoires et acteurs hors des territoires, ces derniers étant moins bien perçus et déclarant des taux de pratique des différents savoir-faire listés beaucoup plus faibles que les acteurs des territoires.

Le recoupement et la mise en parallèle des différentes réponses ont également permis de brosser un paysage de l’ingénierie territoriale. Dans ce tableau, les acteurs des territoires, qui semblent avoir une position centrale, se distinguent nettement des autres, en terme de maîtrise et de qualité des savoir-faire notamment.

Autour d’eux gravitent les consultants, qui sont considérés comme incontournables sur certains savoir-faire (la communication, l’animation, la prospective et l’évaluation surtout, mais aussi l’analyse et la stratégie territoriale) mais qui sont aussi parmi les acteurs sur lesquels les avis sont les plus divisés : les prescripteurs mettent souvent en avant l’inégale qualité de leurs prestations.

L « autre ingénierie publique », dont la contribution globale est souvent perçue de manière négative par les autres acteurs, est paradoxalement souvent citée comme le deuxième acteur maîtrisant le mieux de nombreux savoirfaire, qu’elle-même déclare par ailleurs pratiquer assez peu. Peut-être faut-il voir dans cet écart un niveau d’exigence plus élevé des acteurs de l’ingénierie hors des territoires, tant à l’égard de leur contribution qu’à l’égard de celle des autres.

Enfin, certains acteurs semblent occuper une place relativement périphérique dans le paysage actuel : les centres de ressources1 paraissent souffrir d’un manque de visibilité, alors qu’ils ont par ailleurs des ressources qui font souvent défaut aux autres acteurs : connaissance des expériences de développement territorial extérieures, capacités de capitalisation. Les enseignants-chercheurs sont les acteurs les plus mal perçus, exception faite de leur contribution en terme d’innovation et de transfert.

Plus isolés que les acteurs publics, dans la mesure où ils pratiquent moins les partenariats, les consultants et les centres de ressources sont les acteurs qui semblent le plus rechercher les ouvertures et se déclarent le plus favorables aux échanges, que ce soit par la participation aux assises nationales ou à un réseau multi acteurs, ou par le développement de partenariats.

Les partenariats, que la plupart des interrogés appellent par ailleurs de leurs voeux, tant dans les questions ouvertes sur leurs attentes que dans les questions sur les moyens d’améliorer le système d’acteurs, ne répondent pas toujours à la règle de réciprocité sans laquelle leur mise en oeuvre effective s’avère difficile.

Le cas particulièrement emblématique des consultants, qui déclarent vouloir développer les partenariats avec l’ensemble des acteurs, mais qui en retour sont faiblement mentionnés comme partenaires potentiels par ces mêmes acteurs est à cet égard révélateur. Se dégage ainsi l’image d’une communauté d’acteurs de l’ingénierie territoriale très « engagée » sur le fond, maîtrisant une large palette de savoir-faire en perpétuel enrichissement, généralement consciente de ses lacunes et surtout de ses cloisonnements, inconsciente sans doutes du fait que ceux-ci restent à l’origine d’un regard souvent sévère porté sur les « autres ».

 

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