La France en Europe : quelle ambition pour la politique des transports ? (2003)

Ouvrages thématiques

DATAR. PARTHENAY D. VERMEULEN M.

La France en Europe : quelle ambition pour la politique des transports ? (2003)

Paris : La Documentation française, 2003. 310 p., cartes. 25 €

 

Fiche de lecture

Les transports ont une place originale parmi les activités économiques : ils participent à la vie quotidienne et, en même temps, irriguent tous les secteurs de l’économie. Activité spatiale par excellence, ils sont présents dans tous les territoires, à toutes les échelles, et y jouent un rôle structurant. Les effets externes des transports sur leur environnement s’ajoutent à leurs effets directs.

Une contradiction forte marque l’époque actuelle et influence la politique des transports, qui ne se réduit pas à une offre d’infrastructures : l’évolution des flux et les demandes des habitants engendrent une demande de services nouveaux, mais une croissance ralentie et la concurrence internationale mettent en tension les finances publiques.

 

1. le niveau d’équipements de la France lui permet d’orienter sa politique des transports vers la préparation de l’avenir

La France est un pays bien équipé qui a rattrapé ses retards. Ainsi par exemple le réseau autoroutier, quatre fois moins développé que celui de l’Allemagne en 1970 ( 1500 km contre 6000 km) est-il aujourd’hui comparable (11000 km contre 11700 km). La France détient la moitié des lignes de chemin de fer à grande vitesse de l’Europe .L’encombrement du trafic routier est moindre en France que chez nos voisins européens.

La problématique des transports cesse donc de devoir être abordée sous l’angle du retard à rattraper, mais dans la perspective de préparer l’avenir, avec un réexamen des critères socio-économiques jusque-là utilisés pour l’examen des projets. Les mécanismes de marché pourraient retrouver leur rôle dans le champ des décisions publiques : le coût de l’offre d’équipement est également un prix de marché, la demande d’équipement doit se référer à un prix d’usage, les investisseurs privés peuvent apparaître dans le champ des services publics.

 

2. l’entretien des infrastructures existantes réclame un plus grand effort de la nation et une meilleure gestion

La dégradation des infrastructures existantes (routes, voies ferrées, canaux) est alarmante. L’utilisation des réseaux existants pourrait être améliorée, en agissant sur l’aménagement des infrastructures, le gestion des réseaux, la demande de mobilité et en orientant les comportements pour étaler les trafics.

Les perspectives de croissance des trafics sont à la hausse, mais dans une mesure inférieure à celle des vingt dernières années : ralentissement de la croissance des déplacements individuels, mais croissance économique toujours plus consommatrice de transports, du fait de la disparition des frontières, de la multiplication des échanges et de l’ouverture des économies, caractéristiques de la croissance européenne. Ces perspectives imposent d’intégrer pleinement des enjeux environnementaux et sociétaux dans la politique des transports.

 

3. trois objectifs d’égale importance : le développement économique, l’attractivité des territoires aux différents échelles, la prise en compte de l’environnement

Une stratégie de développement durable doit favoriser la compétitivité des territoires de la France en Europe, comme carrefour et plate-forme logistique structurée par ses ports et un système intermodal discriminant, non comme simple pays de transit avec des retombées économiques limitées et des nuisances croissantes.
Pour l’Etat, ce constat a trois conséquences fortes :

 

  • les territoires doivent s’inscrire dans les flux à l’échelle du monde, avec des portes d’entrée mondiales (ports, aéroports) performantes ;
  • un système logistique doit assurer la compétitivité globale de la France en Europe, à partir de corridors européens et de plates-formes logistiques ;
  • il faut développer la qualité de l’accès aux métropoles françaises à vocation internationale (accessibilité aérienne et services ferroviaires à grande vitesse)

L’enjeu prioritaire est l’organisation du système de transport de marchandises, particulièrement du report vers les modes alternatifs à la route : ferroviaire, cabotage maritime, transport fluvial ;la constitution de quelques axes ferroviaires dédiés, au débouché des ports et des corridors ;la connexion de ce réseau avec ceux de nos voisins.

Dans le même temps, l’Etat devra veiller à la desserte des territoires à l’écart, enclaver ou périphériques. Il y parviendra, dans la mesure même où les politiques de transport présentent toujours un caractère essentiellement national, et que le transport demeure un champ où s’exerce pleinement la volonté des pouvoirs publics, à toutes les échelles.

 

 

Le portail de l'aménagement du territoire est édité par le ministère de l'Agriculture de l'alimentation de la pêche de la ruralité et de l'aménagement du territoire et la DATAR